

Force est de constater que depuis leur prise de pouvoir le 22 mai dernier, les militaires ont décidé d’agir vite en proposant un projet économique aux objectifs clairs et ambitieux pour le royaume. Cette relance du système, grippé depuis de trop longs mois, est aujourd’hui en marche grâce à l’application de mesures concrètes telles que la nomination des nouveaux membres du BOI (Board of Investment), l'élaboration de réformes fiscales, l’approbation du projet de loi de finances ainsi que la modernisation des infrastructures.
Ces mesures sont bien acceptées par une grande partie de la population et ont rassuré la communauté internationale avec pour effets directs une appréciation du baht, une hausse boursière de plus de 10% et un indice de confiance des consommateurs à son plus haut depuis six mois.
Localement, des actions correctives nécessaires ont aussi été mises en place. Ce fut le cas à Phuket ou seulement 72 heures après le coup, les hommes du général Prayuth Chan-ocha arrivaient sur l'île bien déterminés à rendre son éclat à la perle d’Andaman.
Vitrine mondiale du tourisme thaïlandais et l’une des provinces les plus prospères du royaume, générant à elle seule 20% du revenu touristique national, l’île de Phuket, victime de son succès, souffrait principalement d’une gestion anarchique de son développement économique et environnemental en raison d'un manque de transparence des autorités locales sur leurs actions, couplé à une absence de contrôle des administrations de Bangkok, bien souvent impuissantes pour agir.
Un système de corruption endémique ancré depuis des années permettait à des personnes influentes de réguler et de contrôler des secteurs d'activités et ce au détriment des lois et de l’environnement. Les investigations menées depuis de long mois ont ainsi permis aux militaires des actions efficaces une fois l’ordre d’intervenir reçu.
Quelques semaines seulement ont suffi pour remettre en valeur la beauté naturelle des plages auparavant surexploitées. L’organisation du système des transports en commun a aussi été revue, avec la mise en place d’une tarification métrique standardisée afin d’éradiquer les problèmes de transport, notamment pour les tuk-tuk et taxis illégaux aux tarifs rédhibitoires pour les touristes et les locaux.
La stricte application des règles d’urbanisation est aussi au centre des attentions avec la centralisation à Bangkok des services en charge d'étudier et de délivrer les autorisations nécessaires pour les constructions. L’administration a dû aussi repenser son système de collecte et d’utilisation des taxes liées à la manne touristique.
Après les pluies de la mousson, le beau temps se profile à l’horizon de Phuket qui se tourne vers un développement raisonné plus responsable s’inscrivant dans le temps et pouvant servir d’exemple à d’autres stations balnéaires du royaume.